Comment l’alimentation influence réellement le comportement de votre chien?

les différents aliments bons pour le chien

L’alimentation ne se limite pas à maintenir un chien en bonne santé. Elle participe également au fonctionnement du cerveau, à la production de certains neurotransmetteurs et à l’équilibre émotionnel. Même si l’alimentation ne peut pas, à elle seule, résoudre un problème comportemental, elle constitue un élément souvent sous-estimé du bien-être global. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’insiste toujours sur une approche complète de la santé de l’animal, où la nutrition occupe une place essentielle aux côtés de l’environnement, de l’activité physique et du sommeil. Si ce sujet vous intéresse, vous pouvez retrouver d’autres conseils consacrés au bien-être et à la santé du chien.

Une alimentation adaptée nourrit aussi le cerveau

Le cerveau est un organe particulièrement gourmand en énergie et en nutriments. Pour fonctionner correctement, il a besoin d’acides aminés, d’acides gras essentiels, de vitamines et de minéraux en quantité suffisante. Ces éléments interviennent dans la fabrication des neurotransmetteurs, ces molécules qui permettent aux neurones de communiquer entre eux.

Parmi eux, le tryptophane est un acide aminé essentiel puisqu’il sert notamment à la synthèse de la sérotonine, impliquée dans la régulation des émotions, du stress et de certains comportements. Toutefois, ce n’est pas uniquement la quantité de tryptophane qui compte. Les recherches montrent que c’est surtout son rapport avec les autres acides aminés présents dans le repas qui influence sa disponibilité pour le cerveau.

Les acides gras oméga-3, notamment le DHA et l’EPA présents dans les poissons gras, jouent également un rôle important dans le développement et le fonctionnement du système nerveux. Chez le chien, plusieurs études suggèrent qu’ils peuvent soutenir les fonctions cognitives, notamment chez les chiots en croissance et les chiens âgés.

Les carences nutritionnelles peuvent-elles modifier le comportement ?

Une alimentation déséquilibrée ne provoque pas directement des troubles du comportement, mais elle peut favoriser un état physiologique moins favorable au bon fonctionnement du cerveau.

Des déficits prolongés en certains nutriments, comme certaines vitamines du groupe B, certains minéraux ou certains acides gras essentiels, peuvent affecter les fonctions neurologiques. Chez un chien déjà sensible ou anxieux, ces déséquilibres peuvent contribuer à diminuer ses capacités d’adaptation face au stress.

À l’inverse, une alimentation complète, correctement formulée et adaptée aux besoins de l’animal favorise généralement un meilleur état général, une énergie plus stable et de meilleures capacités d’apprentissage.

Les protéines : la qualité avant la quantité

Les protéines sont indispensables chez le chien. Elles apportent les acides aminés nécessaires au renouvellement des tissus mais aussi au fonctionnement cérébral.

Contrairement à une idée encore largement répandue, aucune étude ne montre qu’une alimentation riche en protéines de bonne qualité ne fait pas tout il faut aussi se pencher sur leur qualité. Celle-ci dépend également de l’équilibre entre les différents acides aminés essentiels qui les composent. Selon la loi du minimum de Liebig, si un seul acide aminé est présent en quantité insuffisante, il devient « limitant » et empêche l’organisme de synthétiser efficacement ses protéines. Les autres acides aminés, pourtant disponibles, ne peuvent alors plus être utilisés pour cette synthèse et sont dégradés par catabolisme. Cette dégradation augmente la production de déchets azotés, qui doivent être transformés en urée puis éliminés par les reins. Chez un chien en bonne santé, ce mécanisme est normalement bien compensé. En revanche, chez les animaux souffrant déjà d’une atteinte rénale ou présentant des facteurs de risque, une alimentation dont le profil en acides aminés est mal équilibré peut contribuer à augmenter inutilement la charge de travail des reins. C’est pourquoi la qualité biologique des protéines et l’équilibre entre les acides aminés sont tout aussi importants que leur quantité.

Des protéines hautement digestibles d’origine animale permettent généralement de couvrir plus efficacement les besoins nutritionnels du chien.

Les glucides à éviter chez le chien

Contrairement aux protéines et aux lipides, les glucides ne constituent pas un besoin nutritionnel indispensable chez le chien adulte en bonne santé

Dans les aliments industriels, ils participent à la fabrication des croquettes et fournissent une source d’énergie facilement utilisable. Le véritable problème apparaît lorsque leur proportion devient excessive au détriment des protéines ou des matières grasses de qualité.

Pourtant, de nombreuses croquettes en contiennent une quantité importante. La première raison est technologique : l’amidon est nécessaire au procédé d’extrusion qui permet de donner leur forme et leur texture aux croquettes. Sans une quantité minimale d’amidon, leur fabrication serait beaucoup plus difficile.

Cependant, au-delà de cette nécessité technique, certaines croquettes utilisent des proportions très élevées de céréales ou d’autres sources d’amidon pour une raison essentiellement économique. Les matières premières riches en glucides coûtent généralement beaucoup moins cher que les protéines animales. Elles permettent donc de réduire le coût de fabrication tout en augmentant le volume de l’aliment.

Cette pratique n’est pas sans conséquence. Lorsqu’un chien consomme quotidiennement une alimentation très énergétique associée à une activité physique insuffisante, l’excès de calories est stocké sous forme de graisse. Le surpoids puis l’obésité deviennent alors des risques majeurs. Or, l’obésité n’est pas seulement un problème esthétique. Elle favorise l’apparition d’arthrose, augmente les contraintes sur le système cardiovasculaire et respiratoire, réduit l’espérance de vie et diminue la qualité de vie du chien.

Chez certains individus prédisposés, une alimentation excessivement riche en énergie peut également contribuer au développement d’un diabète sucré. Cette maladie reste relativement peu fréquente chez le chien comparativement au chat, mais l’obésité constitue un facteur de risque reconnu. Il est donc préférable de choisir une alimentation dont les protéines animales représentent une part importante de la ration et d’adapter les quantités distribuées au niveau réel d’activité de son chien plutôt que de se fier uniquement aux recommandations indiquées sur le sac de croquettes.

Les fibres issues de certains végétaux présentent également un intérêt puisqu’elles participent au bon fonctionnement digestif et contribuent à l’équilibre du microbiote intestinal.

L’intestin communique en permanence avec le cerveau

Depuis quelques années, la recherche s’intéresse de près à l’axe intestin-cerveau. Le microbiote intestinal produit de nombreuses molécules capables d’interagir indirectement avec le système nerveux.

Chez le chien, plusieurs travaux suggèrent qu’un microbiote équilibré pourrait participer à une meilleure régulation du stress et des émotions. Les recherches sont encore récentes, mais elles ouvrent des perspectives très intéressantes sur le lien entre alimentation, digestion et comportement.

Une bonne alimentation facilite aussi les apprentissages

Lorsqu’un chien reçoit une alimentation équilibrée, il bénéficie généralement d’une meilleure condition physique et d’un fonctionnement cérébral optimal. Cela ne signifie pas qu’il apprendra automatiquement plus vite, mais il sera souvent davantage disponible pour les séances d’éducation et plus capable de maintenir son attention.

À l’inverse, un chien souffrant de troubles digestifs, de douleurs ou d’un déséquilibre nutritionnel peut présenter davantage de difficultés à gérer son environnement ou à rester concentré.

L’hydratation est tout aussi importante

L’eau est souvent oubliée lorsqu’on parle d’alimentation alors qu’elle est indispensable au fonctionnement de l’organisme. Une légère déshydratation peut déjà diminuer les performances physiques et cognitives.

Les chiens nourris principalement avec des croquettes doivent être particulièrement encouragés à boire suffisamment. Si vous souhaitez découvrir des solutions simples pour favoriser une bonne consommation d’eau, je vous invite à lire mon article consacré à la manière d’encourager son chien à boire davantage.

Une alimentation ne remplace jamais une prise en charge comportementale

Il est tentant d’espérer qu’un changement d’alimentation résolve un problème de peur, d’anxiété ou d’agressivité. En réalité, les données scientifiques montrent que l’alimentation peut soutenir le fonctionnement du cerveau et améliorer l’état général, mais elle ne constitue pas un traitement des troubles du comportement.

Lorsqu’un chien présente des difficultés comportementales, une évaluation complète reste indispensable afin d’identifier les causes médicales, environnementales et émotionnelles qui peuvent être impliquées.

Conclusion

L’alimentation influence bien plus que la condition physique de votre chien. Elle participe au bon fonctionnement du cerveau, soutient les capacités cognitives, contribue à l’équilibre du microbiote intestinal et favorise un état général compatible avec de bons apprentissages et une meilleure gestion des émotions.

Il ne faut cependant pas attendre de miracle d’un simple changement de nourriture. Une alimentation de qualité représente l’un des piliers du bien-être, mais elle doit toujours s’intégrer dans une approche globale qui prend également en compte les besoins comportementaux, les interactions sociales, l’environnement et l’état de santé du chien.

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